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Bulletins du club

Récit croisière d'échouage

Le Mont St-Michel pour voisin

Il est encore tôt, ce matin 19 août, la brume commence à s’étioler et voici que dans notre étrave nous apercevons, par bribes, les contours du Mont St-Michel. Une année que nous y pensons. Une année que nous mettons toutes les chances de notre côté pour partir à l’abordage du Mont St-Michel et échouer à quelques centaines de mettre de son accès principal. Une fois le meilleur coefficient de marrée défini, la meilleure date choisie, une étude approfondie des photos montrant des bateaux échoués aux abords de ce fameux « cailloux », un équipage briffé aux manœuvres à effectuer, il ne s’agissait plus que d’avoir un peu de chance de notre côté avec une météo clémente. Ce dimanche 19 août 2012, toutes les conditions étaient réunies. À l’approche du Mont St-Michel, nous avançons à pas de loup. Les fonds sont tout proche, pas plus de 2 mètres d’eau dans l’ensemble de la baie. Notre Feeling 39, un dériveur intégral, ne présente que 70 cm de tirant d’eau une fois sa dérive relevée. Ça devrait le faire, si nous ne nous sommes pas trompés dans nos calculs !

Au point d’impact prévu, à 150 mètres des murailles, nous effectuons le tour du bateau avec la sonde à main, histoire de s’assurer que les fonds sont plats. Ça semble être le cas. Nous décidons de jeter l’ancre et d’attendre que la mer se retire entièrement. Chacun occupé et concentré à son poste, nous n’avions pas remarqué que depuis les murailles des centaines de flashes crépitaient. Nous devons nous rendre à l’évidence, nous seront immortalisés sur des photos du monde entier ! Les touristes venus à pieds, eux, n’ont manqué aucune seconde de nos manœuvres. C’est que l’exercice est rare, même pour ceux du coin. On n’échoue pas si facilement au pied du Mont St-Michel. Une fois posé sur le sable, droit comme un i, nous réalisons ce que nous venons de faire. Un moment magique qui attire également beaucoup de curieux autour du bateau. Certains nous posent même la question pour savoir si nous nous sommes ratés ! Fiers comme des coqs, nous expliquons que non, tout ça est parfaitement maîtrisé.

Nous y sommes restés le temps de deux marrées, dont une nuit. Une impression de faire partie d’un conte de fée. Le lendemain nous levons l’ancre. Les coefficients commencent à baisser et il s’agit de ne pas rester bloquer ici pour l’éternité ! Nous mettons le cap sur Chausey et découvrons à marrée basse ses parcs à moules bouchot où il est possible d’aller se servir. Il ne fallait pas nous le dire deux fois. 12 kg de moules pour six, pour un seul repas, juste la quantité qu’il faut pour être rassasié ! Le mouillage devant Maîtresse Ile aux Minquiers est également un moment fort de cette croisière d’échouage. Certains ont d’ailleurs même fait connaissance avec les toilettes de l’île connues loin à la ronde pour être les toilettes situées les plus au sud de l’empire britannique.

Au nom du comité du Groupe Lémanique
Sandra Giampetruzzi, équipière

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